L’Assemblée nationale a adopté, ce samedi 31 octobre 2026, en session extraordinaire, le volet recettes du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. À l’issue de cet examen, les recettes prévisionnelles de l’État sont désormais fixées à 60 064,47 milliards de francs guinéens, contre 55 858,10 milliards GNF dans la loi de finances initiale, soit une hausse de 7,53 %.
Selon le rapport présenté par la Commission des affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération, cette révision représente une augmentation de 4 206,37 milliards GNF. Elle tient notamment compte des nouvelles orientations économiques du Gouvernement, de la conjoncture nationale et internationale ainsi que des perspectives liées à la mise en œuvre du programme Simandou 2040.
Sur le plan macroéconomique, les nouvelles prévisions font état d’une inflation de 5,2 %, contre 3,5 % initialement. Le taux de croissance économique attendu est, quant à lui, revu à la baisse, passant de 9,5 % à 8,6 %. Le PIB nominal est également ramené de 401 670 à 392 503 milliards GNF. En revanche, le taux de pression fiscale devrait progresser à 14,23 % du PIB, contre 12,13 % dans les prévisions initiales. Le déficit budgétaire s’établirait à 2,01 % du PIB, contre 2,07 %.
Dans le détail, les recettes fiscales sont désormais estimées à 52 795,68 milliards GNF, contre 48 709,96 milliards dans la loi de finances initiale, soit une progression de 8,39 %. Cette augmentation est principalement portée par les impôts sur les biens et services, dont les recettes progressent de 24,20 %, malgré le recul de certaines autres catégories d’impôts.
Le rapport prévoit également une enveloppe de 913 milliards GNF pour financer la subvention de stabilisation des prix des produits pétroliers, dans un contexte où l’État maintient le prix du carburant à 12 000 GNF le litre.
Les députés interpellent le Gouvernement sur les recettes fiscales
Au-delà des chiffres, les parlementaires ont formulé plusieurs recommandations pour améliorer la mobilisation des ressources publiques. Ils invitent notamment les régies financières à élargir l’assiette fiscale, à identifier de nouvelles sources de recettes, à accélérer la digitalisation des procédures fiscales et à renforcer les mécanismes de contrôle et de recouvrement.
Les députés ont également insisté sur l’application effective des taxes sur les jeux de hasard. Le rapport rappelle l’existence d’une taxe de 15 % sur le produit brut des jeux et d’un prélèvement de 7 % au titre du bénéfice non commercial sur les gains supérieurs à un million de francs guinéens. La commission dénonce des instructions attribuées à l’Autorité de régulation des jeux et pratiques assimilées (ARSJPA), demandant aux opérateurs de ne pas s’acquitter de ces prélèvements. Elle invite ainsi la ministre en charge des Finances à prendre les dispositions nécessaires pour faire appliquer les mesures prévues par la loi.
Plus de 15 666 milliards GNF de dépenses fiscales
Autre point préoccupant soulevé par la commission : le poids des exonérations fiscales et douanières accordées dans différents secteurs de l’économie, notamment celui des mines.
D’après les données présentées aux députés, les dépenses fiscales douanières ont atteint 11 793 milliards GNF en 2025, tandis que celles enregistrées par la Direction générale des impôts se sont élevées à 3 873 milliards GNF pour les neuf premiers mois de 2026. Le manque à gagner cumulé pour les finances publiques dépasse ainsi 15 666 milliards GNF, selon le rapport.
Face à cette situation, les parlementaires recommandent un meilleur encadrement des exonérations, une évaluation régulière de leurs retombées économiques et sociales ainsi qu’un renforcement des contrôles pour limiter les pertes de recettes publiques.
L’adoption du volet recettes du PLFR 2026 constitue ainsi une étape importante dans l’ajustement des prévisions budgétaires de l’État. Elle met également en évidence les défis liés à la mobilisation des ressources internes, à la discipline fiscale et à la maîtrise des dépenses, dans un contexte où la Guinée entend soutenir ses ambitions de développement à travers le programme Simandou 2040.
Mamadou Aliou Barry pour Directinfos224.com

