Un tournant stratégique majeur vient d’être franchi pour la souveraineté et la gestion durables des ressources halieutiques en République de Guinée. Ce lundi 31 août 2026, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, a officialisé par décret le règlement général d’application de la loi L/2025/019/CNT du 30 mai 2025 relative au Code de la pêche maritime.
Rendu public sur les ondes de la Télévision Nationale (RTG), ce nouveau cadre réglementaire fixe désormais les règles du jeu pour l’ensemble des activités extractives dans les eaux sous juridiction guinéenne, tout en encadrant les opérations menées en haute mer par les navires et ressortissants nationaux.
Une modernisation attendue depuis près de trente ans
Ce texte met fin à près de trois décennies d’application du décret historique D/97/227/PRG/SGG du 16 octobre 1997, devenu obsolète face aux enjeux actuels de surexploitation et de modernisation des flottilles. Pour s’adapter aux réalités techniques contemporaines, le nouveau dispositif clarifie et segmente rigoureusement la pêche en quatre catégories distinctes:
Pêche artisanale traditionnelle: pratique exercée exclusivement à pied ou via des pirogues non motorisées (propulsion à la pagaie ou à la voile), à l’aide d’engins passifs (filets maillants, éperviers, lignes, palangres ou nasses).
Pêche artisanale motorisée: Réservé aux pirogues non pontées d’une longueur hors-tout (LHT) inférieure ou égale à 24 mètres, avec une motorisation plafonnée à 60 chevaux-vapeur (CV). La conservation y est limitée au sel ou à la glace, sans assistance mécanique de levage.
Pêche semi-industrielle: Encadre les navires dotés d’une LHT maximale de 25 mètres, d’une jauge inférieure ou égale à 45 Gross Tonnage (GT) et d’une puissance comprise entre 60 CV et 250 CV. Elle autorise des équipements mécaniques pour le maniement des engins, tout en maintenant une conservation au sel ou à la glace.
Pêche industrielle: s’applique aux navires pontés développant une puissance motrice supérieure ou égale à 250 CV, dotés de moyens mécaniques de levage et de systèmes de conservation de pointe (congélation, eau réfrigérée).
Transition juridique sécurisée pour les opérateurs
Afin d’éviter toute rupture d’activité et de garantir une sécurité juridique aux acteurs économiques du secteur, le décret prévoit une période de transition: l’ensemble des licences, permis et autorisations délivrés sous l’ancienne réglementation restent valables jusqu’à leur date d’expiration. Toutefois, tous les renouvellements ultérieurs devront strictement se conformer aux nouvelles exigences.
Avec ce réajustement normatif, les autorités guinéennes entendent assainir la gestion de leurs eaux côtières, renforcer la traçabilité des captures et offrir un cadre de croissance plus prévisible aux pêcheurs locaux comme aux industriels.
Par Mamadou Aliou Barry




