Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a réagi, ce lundi 5 octobre 2026, aux menaces de débrayage annoncées par la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée après le placement sous mandat de dépôt de deux de ses membres.
Dans un communiqué, le parquet spécial affirme avoir engagé des poursuites contre Me Sory Daouda Camara, huissier de justice, et Mandjou Sangaré, ainsi que Me Halimé Saad Chalhoub, dans une affaire l’opposant à Ecobank Guinée. Les mis en cause sont poursuivis pour des faits présumés d’escroquerie au jugement, faux en écriture publique et authentique, usage de faux, usurpation de titre et de fonction et complicité.
Selon le parquet, l’affaire trouve son origine dans une procédure de saisie-attribution engagée en 2018 sur la base d’un procès-verbal que le tribunal avait déclaré nul. Ecobank affirme aujourd’hui être exposée à l’exécution d’une condamnation portant sur 4,602 millions de dollars et plus de 3,09 milliards de francs guinéens.
Le parquet précise que les deux huissiers ont été placés sous mandat de dépôt suivant la procédure de flagrant délit, avant d’être présentés devant la chambre de jugement de la CRIEF. Il rejette ainsi toute pression corporatiste, rappelant que les poursuites concernent des personnes nommément désignées et des faits précis, et non l’ensemble de la profession.
Face aux menaces de cessation d’activités annoncées par les huissiers, le parquet spécial affirme qu’il «ne cédera à aucune pression» et que la procédure judiciaire se poursuivra dans le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence.
Il invite enfin les parties concernées à privilégier les voies légales de défense et assure que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour garantir la continuité du procès.
Mamadou Diakité pour directinfos224.com

